Jean Mistler, né en
1897 à
Sorèze (
Tarn) et mort le
11 novembre 1988, était un écrivain français.
Après ses études à Sorèze, Jean Mistler, d'origine alsacienne par son père (sa famille a quitté l'Alsace en 1871), prépare le concours de l'École normale supérieure au lycée Henri IV, où il a comme professeur de philosophie Alain. Mobilisé dans l'artillerie en 1916, il retire de la guerre de solides convictions pacifistes. Il est admis à l'École normale en 1919, et est reçu premier à l'agrégation d'allemand l'année suivante.
Plutôt que d'enseigner, il choisit de postuler au ministère des Affaires étrangères pour une affectation à l'étranger. Il nommé à la légation de France à Hongrie, faisant fonction d'attaché culturel en même temps qu'il enseigne à l'université de Budapest. En 1925 est intégré au Quai d'Orsay (Service des OEuvres), où il succède à Paul Morand.
Il entame une carrière politique à partir de 1928 quand il est élu Député de l'Aude sous l'étiquette radical-socialiste. Il sera sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts et plusieurs fois ministre à partir de 1932. En 1934, alors qu'il est ministre des PTT dans le gouvernement d'Albert Sarraut, ce mélomane averti crée l'orchestre symphonique de la radio, ancêtre de l'Orchestre de Radio-France. À partir de 1936, il présidera la commission des Affaires étrangères.
Parallèlement à ses activités politiques, Jean Mistler avait commencé une carrière d'écrivain, avec la publication de Châteaux en Bavière (1925) et d' Ethelka (1929).
Le 10 juillet 1940, comme président de la commission du suffrage universel à la Chambre des députés, c'est lui qui présente à l'Assemblée nationale, réunie à Vichy, l'article unique confiant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain aux fins de préparer un nouveau projet de constitution. Ce qui lui vaudra, à la Libération, d'être appelé "le naufrageur de la République" (titre qu'il pouvait aisément partager avec beaucoup d'autres)...
Après avoir occupé, comme une pénitence, un poste aux Éditions du Rocher après la guerre, il deviendra ensuite secrétaire général puis président de la Maison du livre français (ministère des Affaires étrangères), et enfin, de 1964 à 1969, directeur du département de littérature générale à la Librairie Hachette. Parallèlement à ces activités, Jean Mistler donnait régulièrement des chroniques de critique littéraire ou musicale à L'Aurore. Il avait été élu en 1966 à l'Académie française.
Mort le 11 novembre 1988, Jean Mistler est inhumé dans le caveau de la famille d'Auriol à Sorèze.
Source
- Ithier de Fougerolle, « Jean Mistler », dans Dictionnaire des ministres de 1789 à 1989, sous la direction de Benoît Yvert, Paris, Perrin, 1990
Précédé par Robert d'Harcourt | Fauteuil 14 de l’Académie française1966-1988 | Suivi par Hélène Carrère d'Encausse |